Prévention au risque de harcèlement scolaire : et si la posture adoptée par votre enfant était son premier \"outil\" anti-harcèlement ?

Tout le monde sait aujourd’hui que le harcèlement scolaire* est un fléau qui détruit de trop nombreuses jeunesses voire de vies ! L’actualité nous rappelle malheureusement trop souvent que subir du harcèlement entre pairs peut amener certains jeunes à se suicider.

La question est donc de savoir ce qu’il est important d’apprendre aux jeunes afin de se prémunir face au danger que constitue le harcèlement scolaire et qui est malheureusement encore présent dans de nombreux établissements scolaires, périscolaires, activités extra-scolaires…

Aujourd’hui, je voudrais vous parler de l’importance de la posture qu’adoptera, dans son quotidien, un enfant. Qu’est-ce que j’entends par ce terme « posture » ? Il s’agit de la position du corps. Celle-ci a un rôle capital à jouer en matière de prévention au risque de harcèlement entre pairs et c’est ce que nous allons voir dans cet article.

1/En quoi, la posture adoptée par un enfant ou un adolescent, est fondamentale pour se prémunir face au risque de harcèlement scolaire ?

Il est fréquent d’entendre, en matière de harcèlement scolaire, que le jeune qui en est la cible est un élève qui présente une différence. Celle-ci pourra concerner son apparence, ses goûts, ses comportements...

Je ne suis pas d’accord avec cette présentation des choses. Pourquoi ?

Déjà, parce qu’adopter ce point de vue sous entendrait qu’il existe un être humain « type », avec certaines caractéristiques, et que disposer d’une particularité qui n’est pas dans cette « liste » constituerait une différence. Or, il n’y a qu’à sortir de chez soi et rencontrer du monde pour voir que nous sommes tous différents les uns des autres. Même quand nous partageons des valeurs communes, nous pouvons avoir des manières différentes de les respecter. N’est-ce d’ailleurs pas cette diversité de visions, si je puis dire, qui fait la richesse de l’humanité ? Vais-je autant apprendre d’une rencontre si l’autre est ma copie conforme ?

Ensuite si un enfant présente un trait physique ou comportemental qui ne rentre pas dans la norme du moment (car une norme change au fil du temps) mais qu’il l’assume, que cette « partie » de lui ne lui pose aucun problème, les autres enfants, qui voudraient l’utiliser contre lui, ne pourront jamais l'atteindre.

Si Emma est très grande pour son âge et que cela ne la gêne en rien, voire même, qu’elle apprécie d’être grande, des enfants mal intentionnés pourront se moquer de sa taille, cela n’aura aucun impact sur elle. Qu’en pensez-vous ?

Si, comme moi, vous adhérez à cette idée, cela signifie que ce n’est pas « la différence » que peut présenter un jeune qui le rendra plus susceptible d’être harcelé.C’est plutôt le fait de présenter une certaine vulnérabilité et le fait de ne pas accepter ou de mal vivre un aspect de sa personne peut constituer cette vulnérabilité.

Mais, c’est quoi une personne « vulnérable » ?

D’après le célèbre dictionnaire Le Robert, « vulnérable » signifie « qui peut être facilement atteint ».

Certains soulignent que la vulnérabilité est liée à la condition humaine et je suis entièrement d’accord car tout être humain traverse des périodes où il sera plus vulnérable qu’à d’autres. Un enfant peut se retrouver dans cette situation suite à un décès de l’un de ses proches, d’une séparation de ses parents, d’un déménagement, de la venue au monde d’un petit frère ou d’une petite sœur…

Et force est de constater qu’effectivement, les auteurs de harcèlement scolaire ne vont pas s’en prendre à ceux qui auront le plus de répondant. Comment détectent-ils les "proies faciles" ?

2/Comment un enfant « auteur » de faits de harcèlement scolaire sait que tel ou tel enfant est vulnérable et qu’il sera donc facile d’en faire sa cible ?

Réfléchir à cette question est fondamentale, selon moi, car si on sait y répondre, on saura aussi comment parer cette difficulté.

Bien entendu, la vulnérabilité d’un enfant ne sera pas marquée sur son front, mais elle sera communiquée par le biais de son corps et notamment de sa posture.

Lequel de ces 2 enfants iriez-vous embêter si vous aviez l’envie de faire passer votre mal être sur les autres ?

Probablement la petite fille de gauche, non ?

On touche ici, à mon humble avis, à un point essentiel de la prévention au risque de harcèlement scolaire. Pourquoi ? Parce que lorsqu’on évoque ce fléau, on pense immédiatement à ce qu’il serait opportun de répondre afin de ne pas favoriser sa mise en place, de gagner en répartie comme on dit. Et c’est important effectivement, mais la communication verbale, dans une telle situation, n’est pas suffisante car nous ne communiquons pas que par le biais de ce que nous disons.

Nous transmettons également des informations par notre langage corporel et notre communication para verbale.

Le langage correspondant à la communication non verbale concerne l’attitude, les gestes adoptés, les expressions faciales, la position du corps.

La communication para verbale concerne tout ce qui a trait à la voix : le ton, le rythme, l’intonation.

Si, face à une moquerie je réponds de manière appropriée à ce qui est dit mais avec une toute petite voix, les yeux baissés et les épaules affaissées, il y a peu de chance que mon « message verbal » , pourtant correct, produise l’effet escompté car il sera contredit par mon langage non verbal.

Il sera donc essentiel d’apprendre à nos enfants à adopter une posture qui dise la même chose que ce qu’ils affirment verbalement. Enseigner cela à nos enfants pourra même avoir comme conséquence que leur éventuelle vulnérabilité, bien compréhensible car qui ne l’est pas un jour, et même plusieurs jours dans une vie, ne soit pas visible à l’extérieur et donc ils ne donneront pas envie à certains auteurs potentiels de les prendre comme cible.

3/Quelle posture est-il important qu’un enfant adopte pour se prémunir au maximum du harcèlement scolaire ?

Il est primordial d’apprendre aux jeunes à se tenir bien droit, fiers d’être qui ils sont.

Adopter la position « wonder woman » c’est-à-dire se tenir bien droit, pieds écartés, mains sur les hanches pendant 2 minutes aide à gagner en confiance en soi.

Cette position, comme indiquée sur l’image ci-contre, peut être tenue avant d’aller à l’école ou dans les toilettes en cas de besoin.

Ce qui est essentiel, c’est de ne pas regarder ses pieds lorsqu’on arrive dans la cour de récréation ou en classe mais de porter son regard à l’horizon.

N’oublions pas que baisser les yeux peut être interprété comme un acte de soumission et signifier à l’agresseur qu’il a atteint son but : blesser la victime.

Il est donc important, dans la mesure du possible, car il est vrai que ce n’est pas facile, de regarder ses interlocuteurs le plus possible dans les yeux. C’est en faisant cela que l’on peut vraiment « connecter » avec celui-ci. Ne dit-on pas que les yeux sont le miroir de l’âme?

Ensuite, il est aussi important de sourire car, d’une part, cela aide à mettre en place notre « brouilleur de vulnérabilité » et, en plus, cela peut aider les enfants à se sentir mieux s’ils ne se sentent pas très à l’aise.

En effet, lorsque nous nous sentons bien, il n’est pas rare qu’un sourire se dessine naturellement sur notre visage comme si notre état intérieur avait pour conséquence d’engendrer un sourire. Ce qu’il est important de savoir, c’est que l’inverse marche également, c’est-à-dire que « se forcer » à sourire aura pour conséquence de produire en nous un état de bien être qui pourra être très aidant lorsque nous ne nous sentons pas à notre place, décalé… Je sais que ce que j’avance ici peut, peut-être, paraître étrange à certaines personnes. Le mieux, à mon sens, est de garder l’esprit ouvert et de tester, d’expérimenter par vous-même afin de vous faire votre propre opinion.

Donc, je récapitule, la vulnérabilité qui transparaît peut-être chez votre enfant, de par sa posture, va pouvoir donner envie à des jeunes, présentant certaines difficultés, à se moquer, insulter… Pour prévenir cela au mieux, puisque tout le monde est amené un jour ou l’autre à être vulnérable, il est important de camoufler cet état intérieur en adoptant certains comportement : se tenir droit, regarder au loin et non par terre, regarder ses interlocuteurs dans les yeux et sourire !

Avant de vous quitter, je souhaiterais porter une précision qui me semble très importante : adopter à l’extérieur une attitude qui ne dévoile pas nos vulnérabilités à tout le monde ne signifie pas que nous n’avons pas le droit d’en ressentir, bien au contraire. Comme nous l’avons dit, cela fait partie de notre humanité. Etre authentique est quelque chose de magnifique mais, à mon humble avis, afin de se prémunir au mieux, nous ne pouvons pas exprimer notre authenticité avec tout le monde. C’est un peu comme l’humour, nous pouvons rire de tout mais pas avec tout le monde.

Adopter la posture de confiance « wonder woman », regarder les gens dans les yeux, ne pas baisser le regard en cas de critique, sourire au maximum est comme une sorte d’armure que l’on porte avec les personnes dont on ne sait pas vraiment si elles seront bienveillantes ou non. Par contre, lorsqu’on est avec quelqu’un, avec qui nous pouvons être totalement nous-même car nous savons que nous ne serons pas jugés, là, pas besoin de porter cette « armure ». C’est d’ailleurs un vrai cadeau lorsqu’une personne nous fait le privilège de se livrer à nous, de nous exposer ses points sensibles… Et cela fait tellement de bien de parfois faire tomber les masques. Par contre, nous ne pouvons pas le faire avec n’importe qui et ce encore plus lorsque nous sommes enfants ou adolescents.

Si cet article vous a plu et que vous souhaitez connaître les 5 autres précautions à prendre pour éviter la mise en place du harcèlement scolaire, je vous invite à cliquer ICIet à laisser votre adresse mail afin que je vous envoie le document que j’ai créé sur ce point.

Bonne transmission de tout cela à vos enfants et à bientôt !

* Le harcèlement scolaire (on parle aussi de harcèlement entre pairs) se définit comme des violences verbales (moquerie, insultes...), physiques (coups, croche pieds...) et psychologiques (mise à l'écart, exclusion...) répétées, perpétrées par un ou plusieurs enfants à l'égard d'un autre enfant qui en voit ses conditions de vie grandement dégradées.

LIENS