A la différence de mes parents (je suis née en 1976 et j’ai subi le harcèlement scolaire en primaire, dans les années 80),tout parent actuellement, ne peut pas dire ne pas avoir entendu parler de harcèlement scolaire, des conséquences négatives qu’il engendre, y compris le fait que certains jeunes, malheureusement, décident de mettre fin à leur jour.
Même si la France accuse un certain retard dans la prise de conscience des conséquences destructrices de ce fléau, différentes choses ont été mises en place.
Le 3020 qui est un numéro d’écoute et de prise en charge au service des familles et des victimes existe depuis 2012. Une moyenne de 20 000 appels seraient traités.
C’est déjà très bien me direz vous et je suis d’accord avec vous, chaque action qui est menée pour permettre à un enfant de reprendre goût à la vie, est une action à glorifier.
Néanmoins, le Sénat, dans un rapport intitulé "Harcèlement scolaire et cyberharcèlement : mobilisation générale pour mieux prévenir, détecter et traiter" en date de 22 septembre 2021, indique que, au total, chaque année entre 800 000 et 1 000 000 d'enfants seraient victimes de harcèlement scolaire.*
Et il n’y a qu’à suivre les forums consacrés à la thématique ou discuter avec l’un ou l’autre parent pour se rendre compte que cette problématique est toujours présente et ne semble pas en diminution.
Alors quand on fait ce simple rapport : entre 800 000 et 1 000 000 de victimes et 20 000 appels traités, c’est déjà bien mais ce n’est largement pas suffisant.
Depuis 2015, une journée mondiale de lutte contre ce fléau a également vu le jour. Chaque année, en novembre, tous les établissements scolaires parlent du harcèlement scolaire et du fait que ce n’est pas bien, que des enfants peuvent vraiment être meurtris par les moqueries, les insultes voire les coups et qu’ils peuvent tomber en dépression et commettre des actes irréparables.
Là aussi, toute action est à encenser mais vu que les chiffres ne baissent pas, ne devons-nous pas commencer par nous questionner sur la pertinence des choses mises en place ?
Rien qu’avec ces 2 éléments : le 3020 et la journée mondiale voire internationale de lutte contre le harcèlement scolaire, qui datent respectivement de 2012 et 2015, un certain nombre d’années se sont passées et en septembre 2021, le Sénat annonce encore entre 800 000 et 1 000 000 de victimes chaque année.
Il me semble opportun de rappeler ici les propos d’Einstein évoquant la folie : « La folie, c’est de faire toujours la même chose et de s’attendre à un résultat différent ». Qu’en pensez-vous ?
Vous me direz peut-être que le programme pHARe (programme de lutte contre le harcèlement à l’école) n’a été généralisé à toutes les écoles et les collèges que depuis seulement 2021 et que nous n’avons pas encore assez de recul le concernant pour juger de son efficacité.
C’est juste.
Je dois dire que je trouve très intéressant le travail que fait Monsieur Jean Pierre BELLON pour former les enseignants actifs au sein de ce programme. Le fait qu’il indique, lors de ses formations, qu’un enseignant qui humilie un élève ouvre une voie royale à certains enfants de faire de même, montre qu’il ne parle pas la langue de bois et cela me plait.
Je reste persuadée que si nous voulons changer les choses, dire qu’untel ou untel est une mauvaise personne car elle a fait ceci ou cela ne sert à rien. Ce qui sera utile, c’est que nous reconnaissions tous nos défaillances et que nous oeuvrions tous à les faire disparaître.
Le programme pHARe met en place, entre autres, la formation de 5 personnels ressources (au minimum) par collège et par circonscription du premier degré** à la prise en charge des situations de harcèlement via la méthode de la préoccupation partagée.
Cette méthode consiste, lorsque l’équipe ressources, sait qu’un enfant est victime de harcèlement scolaire, de ne pas sanctionner les éventuels harceleurs mais de les convier à des entretiens et de les impliquer dans les solutions à trouver.
Il pourrait être tenu les propos suivants lors d’un premier entretien : « J’ai été informé que tel élève de votre classe ne va pas bien et je voulais vous en parler. Je suis préoccupé à son sujet. Que pourriez-vous m’en dire ? ».
Je trouve cette méthode intéressante car le travail qui est mené par les adultes va pouvoir aider le harceleur à prendre conscience de ce qu’il fait et de ce que cela implique chez la victime. Cela peut aussi aider les adultes à comprendre que c’est un comportement maladroit de la victime qui a généré cette riposte.
Je pense qu’un harceleur peut davantage comprendre les conséquences de ses actes ainsi que par le biais d’une sanction classique où il sera peut-être même induit que c’est une mauvaise personne.
Changer demande du courage. Qui a l’énergie nécessaire de faire le travail adéquat au changement quand on lui répète qu’il n’est pas digne d’intérêt. Les plus grands professionnels de l’éducation le disent et le répètent : même si un enfant adopte un comportement inadapté, cela ne remet en aucun cas en cause sa valeur.
Effectivement, je pense que cette méthode de la préoccupation partagée peut permettre à certaines situations de harcèlement de s’arrêter et tant mieux car, comme on l’a dit en début d’article, toute action qui mène à ce qu’un enfant retrouve la joie de vivre est une action à glorifier.
Cependant, j’aurais certains bémols à soulever par rapport à cette méthode :
- Tout d’abord, elle est curative et non préventive
Effectivement, même si cette méthode a lieu très rapidement après les faits, la victime aura déjà certains stigmates de la situation qu’elle a vécu et il sera donc important qu’elle consacre du temps (et de l’argent), à sa reconstruction.
Quand on voit, en questionnant des adultes, combien ce qu’ils ont vécu dans le cadre de leur harcèlement reste gravé en eux, il pourrait être intéressant d’agir pour éviter la mise en place de tout cela.
- Le harceleur peut prendre conscience de ses actes mais lui communique-t-on des outils pour agir différemment ?
J’aime cette phrase d’un ancien harceleur que je trouve tout à fait significative :
« J’avais mal donc je faisais mal ».
Bien sûr que ce n’est pas à faire mais lorsqu’on vit une situation difficile : être malmené à la maison, être humilié par un autre élève, et que nous avons mal, si nous n’avons pas appris à nous relier à nos émotions et à en comprendre le fonctionnement, il pourra paraître difficile de choisir une riposte qui prenne soin de nous sans porter préjudice à l’autre.
Je ne pense pas que la méthode de la préoccupation partagée prévoit une action en ce sens mais je ne connais pas tout donc si vous avez des informations sur la question, je serai heureuse d’en avoir connaissance.
- La victime va mieux mais va-t-on lui apprendre à se protéger seule de manière à ne plus jamais subir ce qu’elle a subi ?
Là aussi, il semble que rien ne soit enseigné à la victime pour apprendre à faire face à des moqueries ou insultes qui sont souvent la première étape avant les coups.
Or, un enfant préparé car formé pourra stopper une action d’intimidation alors que s’il n’est pas formé, il y a de grandes chances qu’il adopte un comportement qui favorisera la mise en place du harcèlement…
Donc, nous constatons aisément que ces choses sont faites et il est important de les souligner et de remercier tous les acteurs de ces actions. Je n’ai pas parlé ici des associations qui font également un travail titanesque.
Néanmoins, nous sommes début 2023 au moment où j’écris cet article et les chiffres en la matière ne semblent pas vraiment diminuer.
Madame Nora Fraisse, Fondatrice et Présidente de l’association Marion la main tendue indique même que les demandes auprès de son association ont augmenté de 150 à 300%***.
Ne serait-il pas temps de prendre acte que ce qui a été mis en place n’est pas suffisant ?
Que fait-on, en matière de sécurité routière, pour protéger les enfants ?
On leur apprend des comportements à suivre (exemple : avant que nos enfants n’aillent seuls à l’école en vélo, nous faisons le chemin avec eux, nous attirons leur attention sur tel ou tel point plus sensible du trajet, nous leur indiquons quel comportement adopter, nous leur demandons de toujours porter un casque, d’avoir quelque chose de réfléchissant sur leur sac…) et on apprend aux adultes à respecter, eux-aussi certains comportements (exemple : un enfant de moins de 10 ans doit obligatoirement voyager dans un siège adapté à son âge, son poids et sa morphologie).
Nous sommes d’accord que nous n’attendons pas que l’accident ait lieu pour donner toutes ces informations à nos enfants.
Ne peut-on pas affirmer qu’aujourd’hui, tout comme un risque routier existe pour tout enfant (et adulte) qui emprunte la route, un risque de harcèlement scolaire existe aussi pour tout enfant scolarisé ?
Alors pourquoi agir de manière préventive, c’est-à-dire de manière à empêcher la réalisation du risque pour l’un et pas pour l’autre ?
Si vous souhaitez vous offrir cette prévention qui vous permettra, en tant que parent, de laisser vos enfants à l’école de manière sereine et de conserver votre tranquillité d’esprit, contactez-moi.
En enseignant à votre enfants les comportements à adopter et en vous enseignant à vous parent, les points sur lesquels être vigilants, vous serez parés pour vivre une scolarité sans intimidation ni harcèlement scolaire.
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